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Fiscalité de la holding

Le régime mère-fille, filiale par filiale.

Le régime mère-fille limite l'imposition des dividendes que vos filiales remontent vers la holding. Il n'est pas automatique : c'est une option, soumise à des conditions de détention, à vérifier filiale par filiale avant chaque déclaration.

Une option, pas un droit acquisà exercer chaque exercice
Conditions de détentionvérifiées filiale par filiale
Durée de conservationun engagement à tenir
Quote-part de frais et chargesce qui reste imposé
Remontée de dividendesde la filiale vers la holding
Registre des titresla preuve de votre détention
Ne pas confondreavec l'intégration fiscale
Filiales étrangèresdes règles à examiner à part
Justification en cas de contrôlela charge revient à la société
Vérifié avant déclarationjamais après

Ce que couvre la mission

Six vérifications, filiale par filiale

Le régime mère-fille n'est pas une case à cocher dans la liasse. Chaque exercice, et pour chaque filiale qui distribue, nous reprenons les six mêmes points avant de retenir l'option.

01

Le régime fiscal de la filiale

Vérifier qu'elle relève bien de l'impôt sur les sociétés et qu'aucun régime particulier ne l'exclut du champ.

02

La nature des titres détenus

Identifier les droits attachés aux titres, qui déterminent si la participation est prise en compte.

03

Le niveau de participation

Le mesurer à la date du versement des dividendes, et non à la clôture de l'exercice.

04

La durée de détention

Reconstituer la date d'acquisition et suivre les opérations qui ont pu interrompre la conservation.

05

La qualification de la distribution

Distinguer un dividende d'un remboursement d'apport ou d'une distribution qui suit d'autres règles.

06

La documentation du dossier

Classer les décisions, procès-verbaux et registres qui permettront de justifier l'option en cas de contrôle.

Ces six points sont repris à chaque exercice, sans reconduire l'option de l'année précédente.

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01

Ce que le régime mère-fille évite

Une filiale paie l'impôt sur les sociétés sur son résultat. Quand elle distribue ce résultat à sa holding sous forme de dividendes, la même somme se retrouve dans le résultat de la mère. Sans régime particulier, elle serait imposée une seconde fois.

Sans le régime Les dividendes entrent dans le résultat imposable de la holding La somme, déjà imposée chez la filiale, est reprise en totalité dans la base imposable de la mère.
Avec le régime Les dividendes sont retranchés, hors une quote-part Seule une fraction, censée représenter les frais liés à la participation, reste imposable chez la holding.

C'est ce mécanisme qui rend une holding intéressante pour faire remonter la trésorerie d'une filiale vers la mère — pour rembourser un emprunt d'acquisition, financer une nouvelle opération, ou préparer une distribution vers l'associé.

02

Les trois conditions à réunir

Le régime n'est ouvert qu'aux sociétés qui remplissent simultanément plusieurs conditions. Elles s'apprécient filiale par filiale, et à la date du versement — pas à la clôture.

1 La forme et le régime fiscal La mère comme la filiale doivent relever de l'impôt sur les sociétés. Une société transparente ne peut pas en bénéficier.
2 Le niveau de participation La holding doit détenir une participation minimale dans le capital de la filiale, en pleine propriété ou en nue-propriété selon les cas.
3 La durée de conservation Les titres doivent être conservés pendant une durée minimale. Une cession anticipée peut remettre en cause le régime rétroactivement.

Ces conditions évoluent, et leurs valeurs précises dépendent de la situation. C'est la raison pour laquelle nous les reprenons à chaque exercice plutôt que de reconduire l'option de l'année précédente.

03

Une option, pas un droit acquis

Le régime mère-fille ne s'applique pas de plein droit. C'est une option, qui se matérialise dans la déclaration de résultat. Elle se prend filiale par filiale et exercice par exercice.

En cas de contrôle, c'est à la société de démontrer que les conditions étaient remplies au moment du versement. Un dossier bien tenu comporte donc, pour chaque filiale concernée :

  • Le registre des mouvements de titres, à jour
  • La décision de distribution de la filiale et son procès-verbal
  • La preuve de la date d'acquisition des titres
  • L'engagement de conservation, lorsqu'il est requis
  • Le suivi du régime fiscal de la filiale sur la période

Cette page décrit un mécanisme, pas votre situation. Les conditions d'application, leurs seuils et leurs exceptions dépendent de la forme de vos sociétés, de la date d'acquisition des titres et de la nature de la distribution. Seule l'analyse de votre dossier permet de conclure.

Le régime est-il bien appliqué sur chacune de vos filiales ?

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Points de vigilance

Les cinq situations où le régime est écarté ou remis en cause

Le régime mère-fille est simple dans son principe et exigeant dans son application. Voici les cas que nous rencontrons le plus souvent, et qui justifient de reprendre la question à chaque exercice plutôt que de reconduire l'option de l'année précédente.

01

La filiale n'est pas soumise à l'impôt sur les sociétés

Une filiale transparente, exonérée ou relevant d'un régime particulier peut se trouver hors du champ. Le régime fiscal de la filiale se vérifie, il ne se présume pas.

02

Les titres ne confèrent pas les droits requis

Selon la nature des titres détenus et les droits qui y sont attachés, la participation peut ne pas être prise en compte comme la société le pensait.

03

La détention est interrompue

Une cession, un apport, une fusion ou une restructuration intervenus pendant la période de conservation peuvent remettre en cause l'avantage, parfois de manière rétroactive.

04

La distribution n'est pas un produit de participation

Toutes les sommes versées par une filiale ne sont pas des dividendes au sens du régime. Un remboursement d'apport ou certaines distributions particulières suivent d'autres règles.

05

Le montage n'a pas de substance propre

Une holding créée dans le seul but d'obtenir l'avantage, sans activité ni moyens, s'expose à une contestation. C'est l'un des points où la documentation du dossier — conventions, décisions, moyens réels — pèse le plus lourd. La question rejoint celle de la holding animatrice et de sa substance.

Aucun de ces points ne se détecte en lisant la déclaration. Ils se vérifient dans les statuts, le registre des titres et les décisions de distribution.

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Le calendrier

Le régime se joue à quatre moments

Le régime mère-fille ne se traite pas au moment de la déclaration. Il se prépare dès l'acquisition des titres, et chacune de ces quatre étapes peut le remettre en cause.

À l'acquisition Vérifier Le régime fiscal de la filiale, la nature des titres et les droits qu'ils confèrent, avant même que la question des dividendes se pose.
Pendant la conservation Suivre Toute opération sur le capital — cession, apport, fusion — se documente au fur et à mesure. Le registre des titres tient lieu de preuve.
À la distribution Qualifier Les conditions s'apprécient à la date du versement, pas à la clôture. Et toutes les sommes versées ne sont pas des produits de participation.
À la déclaration Opter L'option se prend filiale par filiale, exercice après exercice. Les justificatifs sont classés au dossier au même moment.

Trois de ces quatre étapes se situent avant la déclaration. C'est ce qui rend le régime fragile quand il est traité en fin d'exercice.

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Ne pas confondre

Régime mère-fille ou intégration fiscale ?

Les deux régimes concernent les groupes de sociétés et se cumulent souvent, mais ils ne répondent pas à la même question. Le premier traite des dividendes reçus, le second des résultats du groupe.

En pratique Régime mère-fille Intégration fiscale
Ce qu'il traite Les dividendes remontés par la filiale Les résultats de toutes les sociétés du groupe
L'effet recherché Éviter une seconde imposition de la même somme Compenser les bénéfices et les déficits entre sociétés
Niveau de détention Participation minimale, moins exigeante Détention très majoritaire du capital
Formalisme Option dans la déclaration de résultat Option formalisée, périmètre à notifier
Engagement Conservation des titres sur une durée minimale Engagement pluriannuel sur le périmètre retenu
Quand y penser Dès qu'une filiale distribue Dès qu'une société du groupe est déficitaire

Les deux régimes se cumulent le plus souvent. Le choix ne porte pas sur l'un ou l'autre, mais sur le périmètre et sur le moment où l'on met en place le second.

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Questions fréquentes

Le régime mère-fille en six questions

Les réponses sont générales. Les conditions exactes dépendent de votre dossier.

Non. C'est une option, qui se matérialise dans la déclaration de résultat de la société mère. Elle se prend filiale par filiale et exercice par exercice.

Une société peut donc remplir toutes les conditions et ne pas bénéficier du régime, faute d'avoir opté.

Le régime suppose une participation minimale dans le capital de la filiale. Le calcul s'apprécie à la date du versement des dividendes, et non à la clôture.

Les modalités varient selon la nature des titres détenus et les opérations intervenues sur le capital. C'est un point à vérifier avant chaque déclaration plutôt qu'une fois pour toutes.

Le régime suppose une durée minimale de conservation des titres. Une cession intervenue avant ce terme peut entraîner la remise en cause rétroactive de l'avantage obtenu.

C'est l'une des raisons pour lesquelles une cession se prépare avec le comptable et pas seulement avec l'acquéreur.

Les deux régimes coexistent et répondent à des logiques différentes : l'un neutralise la double imposition des dividendes, l'autre permet de compenser les résultats du groupe.

Leur articulation dépend du périmètre d'intégration retenu. L'intégration fiscale.

Le régime peut s'appliquer à des filiales établies hors de France, sous réserve de conditions supplémentaires tenant notamment au régime fiscal de la filiale et à l'État dans lequel elle est établie.

C'est un cas qui s'examine spécifiquement : les exclusions y sont plus nombreuses.

Le régime fiscal de la mère et de la filiale, le niveau et la nature de la participation, la date d'acquisition des titres, et l'absence d'opération susceptible de remettre en cause la détention.

Ces éléments doivent pouvoir être justifiés : en cas de contrôle, la preuve incombe à la société. La comptabilité de holding.

Vous n'êtes pas certain que le régime soit correctement appliqué ?

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