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Pourquoi créer une holding ?

Une holding ne se crée pas pour en avoir une. Elle se crée parce qu'une situation précise la rend utile. Cinq raisons le justifient réellement, trois autres reviennent souvent et n'en sont pas. Voici comment faire la différence, avant d'engager des frais qui reviendront chaque année.

Les cinq vraies raisons

Elles ont un point commun : elles tiennent toutes à un projet, pas à un avantage fiscal immédiat. Une holding organise ce que vous comptez faire, elle ne rend pas rentable ce qui ne l'est pas.

Faire remonter et réemployer la trésorerie

Les bénéfices de vos sociétés remontent à la holding sous forme de dividendes. Celle-ci les réemploie : financer une acquisition, soutenir une filiale en développement, placer l'excédent. L'argent circule dans le groupe sans passer par votre patrimoine personnel, donc sans supporter l'imposition d'une distribution à votre profit.

Sous conditions de détention et de durée de conservation des titres, le régime des sociétés mères évite que ces dividendes soient imposés une seconde fois au niveau de la holding.

Pour qui : un dirigeant dont la société dégage des bénéfices qu'il ne souhaite pas tous sortir.

Racheter une société avec un effet de levier

La holding emprunte pour acquérir les titres d'une entreprise, puis rembourse l'emprunt avec les dividendes que celle-ci lui verse. Vous achetez sans disposer de la totalité du prix, et c'est la société acquise qui finance son propre rachat.

Ce mécanisme est aussi celui qui permet à un salarié ou à un cadre de reprendre l'entreprise qui l'emploie, et à un dirigeant d'acquérir un concurrent.

Pour qui : tout projet d'acquisition, de croissance externe ou de reprise.

Organiser une transmission

Donner des parts d'une seule société est plus simple que de répartir plusieurs entreprises entre ses enfants. La gouvernance s'écrit à un seul endroit : dans les statuts et le pacte d'associés de la holding.

Une transmission suppose par ailleurs des conditions qui se vérifient sur des exercices passés. Créer la holding au moment de donner arrive presque toujours trop tard.

Pour qui : un dirigeant qui envisage de transmettre dans les cinq à dix ans.

Séparer les risques

Les actifs qui n'ont pas à supporter le risque de l'exploitation — l'immobilier, la trésorerie accumulée, une marque, un brevet — peuvent être logés ailleurs que dans la société qui exerce l'activité.

Si l'exploitation connaît des difficultés, ces actifs ne sont pas exposés, et le jour d'une vente ils restent hors du périmètre cédé.

Pour qui : une activité à risque, ou un patrimoine professionnel qui s'est constitué dans la société d'exploitation.

Accueillir plusieurs associés ou plusieurs activités

Quand un groupe compte plusieurs sociétés ou plusieurs associés, la holding devient le point où tout se décide. Elle simplifie l'entrée d'un investisseur, permet de créer des branches d'activité distinctes, et évite que chaque décision doive être reprise dans chaque société.

Pour qui : un groupe qui se développe, ou une association entre plusieurs personnes.
Vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations ? Nous chiffrons la structure et son coût annuel avant que vous engagiez quoi que ce soit. Demander un devis

Les trois fausses bonnes raisons

Elles reviennent dans presque tous les rendez-vous. Aucune ne justifie à elle seule de créer une société supplémentaire.

« Ça fait payer moins d'impôts »

Pas en soi. Une holding déplace la fiscalité, elle ne la supprime pas. Elle permet de différer une imposition en gardant l'argent dans le groupe, mais l'impôt reste dû le jour où vous sortez les fonds à titre personnel.

Elle ajoute par ailleurs une société soumise à l'impôt sur les sociétés là où il n'y en avait qu'une. Si vos bénéfices sont entièrement distribués chaque année, le montage n'a rien à différer.

« Tout le monde en a une »

Pour une société unique dont le dirigeant sort l'intégralité du résultat, la structure coûte plus qu'elle ne rapporte. La holding prend son sens quand quelque chose reste dans le groupe, ou quand un projet se dessine.

« Je la créerai quand j'en aurai besoin »

C'est la plus coûteuse des trois. Créer une holding au-dessus d'une société existante suppose de lui apporter les titres de celle-ci : une opération à part entière, qui constitue une cession au regard de la plus-value et se prépare plusieurs mois à l'avance.

Les régimes de faveur qui l'accompagnent supposent en outre des conditions appréciées sur des exercices antérieurs. Attendre le besoin, c'est arriver après.

Le moment de la décision

Le bon moment dépend de ce que vous préparez, et il est presque toujours plus tôt qu'on ne le croit.

  • À la création de votre activité. C'est le cas le plus simple : la holding naît en même temps que la société d'exploitation, sans apport de titres et sans plus-value à traiter.
  • Avant une acquisition. La holding doit exister pour emprunter et acheter. Elle se crée donc en amont de l'opération.
  • Plusieurs années avant une transmission. Les conditions se vérifient sur le passé, et le dossier se construit exercice après exercice.
  • Avant qu'une vente ne se profile. Une fois l'acquéreur identifié, les marges de manœuvre se sont refermées.
La règle qui résume tout

Une holding se crée quand rien ne presse. Toutes les situations où elle apporte le plus sont aussi celles où sa création devait précéder l'événement de plusieurs exercices.

Un projet à trois ou cinq ans ? C'est exactement le moment d'en parler. Nous posons le calendrier avec vous. Demander un devis

Ce que ça coûte chaque année

C'est la partie que les contenus sur le sujet passent sous silence, et c'est pourtant elle qui décide. Une holding a un coût de fonctionnement récurrent, indépendant de son activité.

  • Les honoraires comptables de la holding, qui s'ajoutent à ceux de vos autres sociétés.
  • Le juridique annuel : assemblée, procès-verbal, dépôt des comptes au greffe.
  • Les conventions à écrire et à suivre entre la holding et ses filiales.
  • L'impôt sur les sociétés dû par la holding sur son propre résultat.
  • Le temps de décision : arbitrages de distribution, de rémunération, de trésorerie, chaque année.

Ce coût se compare au gain attendu, et il se chiffre avant de décider. Nous le faisons systématiquement avant toute création : si l'addition dépasse l'économie, nous le disons.

Avant ou après la vente de sa société ?

C'est la question la plus fréquente, et celle où l'erreur coûte le plus cher. La réponse tient en une phrase : avant, toujours.

Si vous vendez vos titres en direct, la plus-value est imposée entre vos mains et vous réinvestissez ce qu'il en reste. Si vous apportez d'abord vos titres à une holding qui les vend ensuite, l'imposition de la plus-value peut être reportée, sous conditions, et la holding dispose du prix entier pour réinvestir.

Ce mécanisme, appelé apport-cession, n'a rien d'automatique. Il suppose que l'apport précède réellement la cession, que le prix soit réinvesti dans certaines conditions et dans certains délais. Un apport réalisé alors que la vente est déjà négociée est un montage que l'administration examine de très près.

Ce qui se joue au moment de vendre

La différence entre les deux schémas ne se mesure pas en pourcentage mais en ce qu'il vous reste pour la suite. Vendre en direct, c'est réinvestir après impôt. Vendre via une holding, c'est réinvestir avant.

Encore faut-il avoir un projet de réinvestissement, et avoir posé la structure suffisamment tôt pour qu'elle soit crédible.

Les questions à se poser avant de décider

Si vous répondez oui à l'une d'entre elles, la question mérite d'être instruite. Si vous répondez non à toutes, la holding attendra.

  • Reste-t-il de l'argent dans ma société à la fin de l'année, une fois que je me suis payé ?
  • Est-ce que j'envisage d'acquérir une autre entreprise, ou d'en créer une seconde ?
  • Est-ce que je compte transmettre à mes enfants dans les dix ans ?
  • Ai-je un immeuble ou une trésorerie importante logés dans la société qui exerce l'activité ?
  • Un associé doit-il entrer, ou sortir, dans les années qui viennent ?
  • Une vente est-elle envisageable à moyen terme, même sans échéance précise ?

La bonne question n'est pas « faut-il une holding ». C'est de savoir combien de sociétés vous compterez dans dix ans, et ce que vous en ferez. La réponse détermine la structure, le calendrier et le régime à retenir.

En parler avant d'engager quoi que ce soit Nous sommes un cabinet d'expertise comptable spécialisé dans les holdings et les groupes familiaux. Nous vous disons franchement si la réponse est non. Demander un devis